Quitter sa zone de confort pour se trouver

Il y a quelque chose derrière le masque

RENCONTRE avec Clément C. étudiant en biologie.

AVANT-PROPOS: les incertitudes du monde du travail, et la perspective restreinte d’une garantie de stabilité pour l’avenir, amène beaucoup de jeune à s’interroger sur leurs ambitions profondes. Demain? Aujourd’hui? 

La jeunesse est qualifiée d'”en perdition, et déstructurée, sans repères” mais ceci n’est peut-être pas négatif, car ça amène toute une génération à aller découvrir avec une sincérité nouvelle et humaine ce qui se cache derrière le masque du “modèle sociétale”.

Une jeunesse en quête de sens

“J’avais arrêté les cours depuis quelques mois, sans obtenir mon bac. Je regardais des séries et jouais à la console. J’étais nourri et logé puisque j’habitais encore chez mes parents. Mon père est médecin et ma mère professeur des écoles, donc plutôt aisés. Mes potes eux, étaient à la fac ou en BTS, et je faisais beaucoup de soirées étudiantes avec. Je fumais et buvais beaucoup en soirée à ce moment.”

“À regarder ma situation, la vie était top. C’était comme des grandes vacances, mais prolongées. Les avantages et pas de contraintes.”

“Mais je me suis mis à tourner en rond, et j’avais la sensation de stagner, de faire du sur-place. À croire que la facilité me coupait toute envie et ambition, avec un sentiment d’insatisfaction.
En plus, le lien avec mes amis s’effritait. Ils se voyaient et avaient des choses à se raconter, des perspectives pour demain. Moi je n’avais rien à dire d’intéressant, un brouillard m’enveloppait. Et une distance s’est installée avec eux, mais aussi avec moi-même.”

“Je disposais de tout le confort nécessaire, je n’avais ni froid ni faim et pourtant je me sentais inutile. Une impression de vide, qui m’a fait peur et aussi prendre conscience…”

  • Le paradoxe des sociétés occidentales et capitalistes réside dans cet incompréhensible écart entre la satisfaction matérielle, due aux progrès, et l’incapacité, parfois, de ne pas parvenir à trouver les clés pour s’épanouir dans son existence.
  •  Le lien entre échec (scolaire et autre) et perte d’estime de soi n’est plus à démontrer
  • Le rôle du travail (ou des études) comme facteur d’intégration, non plus. Cependant un lien existe entre l’échec scolaire et les difficultés d’intégration sociale. Dues à la baisse d’estime de soi ou aux réalités sociétale du besoin de diplôme?

“Puisque j’avais tout et que ça ne m’apportait rien, pourquoi ne pas essayer de n’avoir rien, quitter mon confort, voir si cela m’apporterait quelque chose ?
J’avais besoin d’un but à atteindre. Franchir quelque chose qui me semblait infaisable, ou alors que je n’avais jamais fait.”

“Je me suis rappelé m’être moqué d’un pote parce qu’il m’avait proposé de participer à une randonnée. Je lui avait dit que c’était pour les vieux! Sauf que moi, je n’avais jamais été à pied à la boulangerie qui est au début de m rue… Je n’ai pas pris le temps de réfléchir, j’ai descendu l’escalier et je suis parti dans le froid jusqu’à la boulangerie. Il était 21h. Elle était fermée. Mais ça été la première étape. Je me suis levé à 7h le lendemain pour aller me prendre un croissant, alors que depuis des mois je dormais jusqu’à 14h…
Franchement, mon croissant avait un meilleur goût!”

  • La relation entre les émotions et les énergies corporelles prend de plus en plus de place dans le débat des sciences humaines. Médicales et psychanalytique.
  • Certaines théories définissent l’épanouissement comme l’aboutissement énergétique de nos actions.

Prendre la distance géographique pour se rapprocher de soi

“J’ai entendu l’histoire de Mike Horn, un aventurier qui a gravi des glaciers à 8000m d’altitude sans oxygène, et ça m’a renforcé dans mes motivations pour quitter le cocon. 
Cependant, je n’avais jamais travaillé, donc pas de thunes de côté, et il n’était pas question de continuer à dépendre de mes parents, car j’entretiendrai le confort. J’ai donc opté pour le Workaway. J’étais hébergé et nourri, comme ici, mais un échange d’un service de travail. Je me suis retrouvé pendant 6 mois à travailler dans une chambre d’hôtes au fin fond de l’écosse, arraché à mon confort et mes habitudes. Au début c’était très dur. Mais quelque chose à grandit en moi, je me suis senti utile à moi, et pour les autres.
Au retour, j’ai poursuivi l’aventure en partant 2 mois en stop à Madrid avec un ami. J’ai travaillé pendant mon temps libre et me suis remis dans les études. Comme avant, mais avec le sentiment que j’ai pris en main la responsabilité de mon propre accomplissement.
Finalement, la situation est identique à mon ancienne: je vais en cours et suis encore chez mes parents, mais une barrière intérieure à été franchie!”

Clément conclue son expérience en précisant qu’il n’est pas nécessaire de reproduire exactement ce qu’il a vécu, mais que les transformations sont intérieures. C’est avoir un nouvel angle de vu sur soi-même ou son quotidien. Avoir le courage de croire en soi, se faire confiance, et se prendre en main.

La vie est mouvante. L’inertie et le confort sont des freins. Chacun dispose des ressources nécessaires pour s’adapter. À l’unique condition d’accepter de se remettre en question et d’aborder les situations, de composer avec elles.


Non sans humour il précise: “On grandit plus en adressant un mot à quelqu’un qu’on croise tous les jours, mais qu’on n’avait pas remarqué, qu’en passant 5 ans à faire de la psychanalyse”

Le débat est ouvert…!

Article sur le Yesman 

Retrouver un sens pour soi
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